Le voyage des mages à travers l'Histoire
EAN13
9782200353971
ISBN
978-2-200-35397-1
Éditeur
Armand Colin
Date de publication
Collection
DD.ANT.COLIN GP
Nombre de pages
304
Dimensions
24 x 15 x 0 cm
Poids
535 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
Code dewey
232.923
Fiches UNIMARC
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Le voyage des mages à travers l'Histoire

De

Traduit par

Préface de

Armand Colin

Dd.Ant.Colin Gp

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Introduction?>« Ces mages [...] sont aussi appelés rois, car à cette époque régnaient les sages philosophes. » (Nicolas de Lyre1
Chaque année, à l'approche de Noël, journaux, télévision et planétariums actualisent nos connaissances sur l'étoile de Bethléem, nous informant de ce que l'on sait de nouveau sur cette vieille « étoile », ce merveilleux événement astronomique qui aurait, dit-on, annoncé la naissance de Jésus de Nazareth. L'étoile – comète ou conjonction planétaire – renaît, comme l'Enfant, et cet événement céleste semble d'autant plus éternellement neuf que nous en serions nous-mêmes renouvelés.De nos jours, nombreux sont ceux, y compris parmi les chrétiens, que l'histoire de l'étoile laisse dubitatifs : ils savent que l'arrivée, ou l'épiphanie, de bien des guides célèbres, et non du seul Jésus, est associée à ce type de manifestations célestes surnaturelles2. Pour les modernes, cette histoire chrétienne n'est pas plus digne de foi que les autres : il faut les croire toutes ou n'en croire aucune.Et pourtant, malgré tout, parce que les hommes ont besoin de « suivre une étoile » qui ne les trompera pas, nombreux sont ceux pour qui la transformation romancée des cieux à Noël, et la naissance de Jésus qui l'aurait accompagnée, constituent un événement toujours nouveau. Réunis sous cette étoile, nous percevons les événements de la sainte naissance à travers notre propre prisme. C'est nous qui construisons la crèche et les acteurs qui l'entourent. Au cours de l'histoire, les chrétiens ont intégré à la scène de la Nativité, comme à d'autres images sacrées particulièrement puissantes, leurs propres expériences sociales et politiques. Et ils continuent de le faire afin de s'émouvoir devant ces images. Dans le cas de l'histoire de l'étoile, qui échappe par nature à la fabrication humaine, ce phénomène est moins évident. Mais, en nous mêlant aux premiers adorateurs de la crèche de Bethléem, nous entrons dans le champ de l'expérience sociale et politique. Une source nous enseigne que les bergers apparurent les premiers ; une autre que cet honneur échut à leur exact opposé, des sages appelés mages. L'étoile de Bethléem s'adresse à notre moi métaphysique ; les bergers et les sages nous entraînent dans la sociologie concrète du sacré.Regardons-y de plus près. La crèche semble accueillir la vie tout entière. De simples bergers reconnaissent la divinité chez ce nourrisson sans défense, de même que les animaux, emblèmes d'une population rurale. Alors arrivent les mages, montrés comme des rois ou des intellectuels, exacte antithèse de la fraîche simplicité des bergers. En lui offrant respectueusement des présents, ces aristocrates accordent au nouveau-né une forme de reconnaissance diplomatique de son statut de roi. Et ce geste renvoie à son tour à la présence dans la crèche d'un autre groupe social : les marchands. Qui d'autre aurait réuni les cadeaux – l'or, l'encens et la myrrhe ? Salomon qualifie bien l'encens et la myrrhe de « parfums des marchands3». Et qui, sinon les commerçants, était expert de l'échange ? La présence implicite des marchands apparaît plus clairement encore dès lors que les mages échangent des cadeaux avec Marie, comme on le raconte parfois4. Jusqu'à nos jours, les chrétiens, en agençant ces scènes de la crèche, inscrivent l'Enfant dans un ordre social reconnaissable, fait de bergers, de paysans et de courtisans, qui associe et oppose campagne et cour, richesse et pauvreté, simplicité et complexité5.Ce sont précisément ce champ social et cette sphère d'expérience, légitimés, presque en leur centre, par les mages riches et puissants, qui permettent aux chrétiens d'être émus par cet enfant innocent. Rien ne manifeste mieux cette plasticité que les identités successives que les chrétiens ont conférées au cours des siècles à ces sages de l'Évangile. Aucune icône chrétienne n'a autant permis aux chrétiens de former et de réformer leur propre ordre social, culturel et politique que l'histoire et l'image des mages. Le présent ouvrage étudie la sociologie politique des mages dans le christianisme, de leur apparition dans l'Évangile selon saint Matthieu à nos jours. Il se propose de découvrir pourquoi et comment le voyage des mages vers et autour de la crèche a été si soigneusement imité par les sociétés ultérieures.
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