Pierre,

Pierre,

Christian Bobin

Gallimard

  • par (Libraire)
    12 décembre 2019

    Nous sentir plus que vivant, ou rien que cela

    Bobin est un poète. Il ne dit pas. Il invite au bord de ce qu'on ne sait pas, bien plus grand que soi, dont on sait qu'il est, sans pouvoir jamais le saisir.
    Plus que cela, il écrit, sans que ce soit " dire ", ce qu'on ne sait pas.
    De le lire, on se retrouve pantois.
    On se retrouve immobile, tétanisé, juste après l'effleurement qui file la chair de poule. Parce que ses mots vous effleurent là où vous ne vous y attendiez pas.
    Dans ce voyage vers Pierre Soulages, Christian Bobin donne à nous approcher au plus prés de cet autre qui crée et qui de créer, invoque et convoque la vie, toujours renouvelée, dans une quête, éternelle utopie.
    Christian Bobin écrit son voyage, les sensations éprouvées des autres qu'il croise, de ceux qui ne sont plus et qui le visitent dans ce train, de celui vers qui il va.
    Ce livre est une rencontre avant la rencontre, qu'elle ait lieu ou pas, qui s'écrit après, après on ne sait quoi.
    Bobin écrit l'élan et l'impensé provoqué en lui, d'aller vers.
    Pierre Soulages se révèle en absence, de l'être donné à percevoir d'un autre, du lien qui est fait entre lui et son art.
    C'est un voyage comme aller à la rencontre de l'autre, de soi ; cet autre qui nous met face à soi, que l'on ne sait rejoindre.
    C'est une lecture qui se murmure, qui file du vent qui porte vers quoi, vers qui ? Peut-être l'autre, soi à la fois.